jeudi 22 novembre 2007
Prêts à embarquer ?...
Changement de décor !
Nous sommes heureux de vous annoncer l'ouverture de notre forum :
http://www.cubaforhum.fr/
Vous étiez en escale sur notre blog et nous vous en remercions, l'équipage vous invite à présent à embarquer pour cette destination qui nous est chère à tous et où nous avons déjà redirigé toutes vos interventions.
Au plaisir de vous y retrouver.
Cuba Hoy
Quoi de neuf a Cuba
je vois qu'il y a eu du changement, bigre!
Le nom est bien choisi, j'en conviens ... il aurait pu se nommer aussi Cuba Hoy et Ay ...
Et je vous remercie pour le beau travail que vous avez fait, il y en a qui voyages et d'autres qui bossent, et d'autres qui font les deux à la fois!
Donc, de retour après un voyage de 5 semaines de casa en casa, sac a dos et a roulettes, pour la maintenance du site et des adresses de location de chambre chez l'habitant.
Sinon, quoi de neuf à Cuba, hé bien pas grand chose!
Tout est calme, et la situation semble s'améliorer petit à petit. Comme ils disent si bien depuis si longtemps "poco a poco", porque no?
El Commandant en Chef, Fidel Castro, c'est converti en pigiste et il abonde sur tous les sujets, dans les colonnes du célèbre Granma ( a moins qu'il utilise les services " d'un nègre", car ces commentaires ou remarques sont de moins en moins clairs).
Il y avait aussi des festivités pour le démarrage de l'année du Che.
Et donc, la TV, la radio c'était du matin au soir du Che en veux tu en voilà .... normal après tout que les Cubains utilisent sont image ( la seule au monde qui n'est pas protégée, là les Cubains ont foiré) pour leur propagande mondiale de l'homme nouveau que le Che aurait soi disant défini avant sa mort.
Les coupures d'électricité se font de plus en plus rare. Par contre, le problème de l'eau et de sa distribution est loin d'être résolu. De nombreux quartiers de La Havane ont de l'eau (non potable) un jour sur deux quand ce n'est pas un jour sur trois à cause des problèmes de canalisation !!!
Les transports en commun dans la capitale, ce sont un peu améliorer, ils ont reçu pas mal de bus d'occasion de différents pays du monde. (même des pays arabes et du Japon). C'est assez marrant, car le bus est utilisé comme ils les reçoivent, Rien n'est retouché. C'est a dire que vous avez des lignes qui ont ont pour destination le monde entier, un paradoxe de plus!
Des immeubles sont encore tombés, comme a chaque fois qu'il pleut. La Havane ressemble de plus en plus a une ville après un bombardement, mais franchement, si vous faîtes un effort de visualisation, vous pouvez imaginer comment cette ville devait être belle avant le " triomphe de la révolution " ...
Bon, la beauté, cela ne se mange pas !
Mais, l'avantage des immeubles qui s'écroulent .. les anciens proprios absent ont tout perdu, et l'état mais automatiquement des tiendas (magasins) TRD ( Tiendas de Récupération de Devises), société qui appartient aux FAR ( Force Armée de la Révolution) ou des bars !
Le boulevard, la rue piétonne du centre de la havane c'est bien améliorée, et c'est agréable d'y flâner, de plus il y a de nombreux endroits pour manger des sandwichs à bons prix en pesos cubains. C'est devenu une vitrine, là où passe le plus grand nombre de touristes et donc, c'est là qu'il faut donner la meilleure image souvenir. Une bonne propagande.
On y trouve de tout, sauf des putes et des travelos qui ont été remplacés par les nombreux policiers, mais il y a aussi de beaux cuistots et de belles serveuses bien endimanché, du pain de belle couleur, de belles miches et avec tous les ingrédients. Tout cela sous des couvercles transparents anti mouches, à une bonne allure. Et ça marche, il y a du monde.
Même les touristes achètent, mais trouvent cela cher car il ne comprennent pas qu'un petit sandwich coûte 5 "" quoi, cinq cuc, c'est pire qu'à Paris sur les Champs ... mais non, c'est 5 pesos cubains , ... ha bon , j'en ai pas .... c'est pas grave , je vous rend la monnaie en pesos !!)
Sinon, le prix de la vie augmente de façon vertigineuse pour les cubains et en plus avec le changement obligatoire des frigos cela n'arrange pas les choses, car ce n'est pas gratuit. Bien sur, il y a des prêts avec intérêts et il faut en moyenne plus de 3 ans pour le payer pour de braves travailleurs.
Une bonne nouvelle pour les touristes, le passage en douane et la récupération des valises est plus rapide que par le passé.
Une mauvaise nouvelle, la police verbalise à tour de bras les voitures des "riches" touristes, souvent pour rien!
Alors attention aux stops et surtout en rase campagne, pour les trains qui ne passent que le temps de la récolte de la canne a sucre. Sur les routes, il y a moins de circulation et les vendeurs a la sauvette, se font plus rare.
La salsa est en grand recul, au profit de regeton, faut aussi comprendre les jeunes, ils veulent autre chose, mais ils n'obtiendront pas tout, pas tout de suite, ...poco a poco !
Dernière blague à la mode à Cuba: Les 5 héros vont bientôt être libérés, ils ne manquent plus que 2 signatures, ..... celles du Che et de Camilo ...
A plus
Jacques JD SDF a CUBA http://perso.orange.fr/jdsdf/
samedi 17 novembre 2007
La question
Cet hommage croissant au fidélisme télévisuel me rapelle le surréalisme ambiant dans le "noticiero estelar", on y voit parfois des sous-titres tels que "holguineros opinan" à seule fin sans doute de rappeler que l'interview de passants triés au hasard sur le volet se fait à Holguin. Je me souviens aussi d'une phrase tellement magnifique qu'elle s'est gravée dans ma petite mémoire, interrogée sur sa satisfaction après une réunion militante, une dirigeante avait commis ce petit joyau : "los jovenes alcanzaron un alto nivel de protagonismo en la batalla de ideas".
Ce qui veut dire qu'ils avaient beaucoup parlé et probablement pas dit grand chose.
Donc, à propos de batalla de ideas, la question qui travaille beaucoup de monde à l'heure de l'automne du patriarche, c'est "comment ça va se passer à Cuba ?"
Personne n'a la réponse, les souhaits divers exprimés par les amateurs d'idées figées ne verront probablement pas le jour. Le passage à un capital-socialisme à la chinoise ne colle pas bien à la mentalité cubaine, sacrifier encore une génération ne va pas motiver grand monde. Le libéral-miamisme a été rendu attrayant en devenant la première source de revenus du pays, mais 50 ans de complots, d'embargo et d'hostilité faisant suite à 60 ans de relative colonisation ne s'effacent pas comme ça.
Porfirio Díaz, dictateur mexicain, avait dit "pobre de México, tan lejos de Dios y tan cerca de Estados Unidos" c'est peut-être encore plus adapté au cas de Cuba.
Si vous avez des éléments de réponse, ça m'intéresse beaucoup, faites pas les timides, ce n'est pas parce qu'Eric D. écrit mieux que mieux qu'il faut vous retenir de vous exprimer.
Pour ma part, quand je regarde ma boule de cristal je ne vois qu'une chose se préciser, c'est la date du changement. Il a déjà commencé, mais de façon très homéopatique, (hausse de la délinquance, autorisation d'importation de certains appareils...) la grande accélération devrait se produire à partir de janvier 2009.
Le régime cubain, privé de leader (au mieux Fidel sera au dernier stade de la Jean-paul-deux-isation) n'aura plus de raison d'exister. D'ici là, il y aura encore un objectif : atteindre et célébrer le 50ème anniversaire de la dernière partie de roulette dans les casinos de la Havane. L'être humain adorant les chiffres ronds, l'euro à 1.50 dollar, le baril à 100 dollars... alors la révolution à 50 ans, pourquoi pas...
mercredi 14 novembre 2007
Fidel aux Urgences (Saison 1)
Les aventures de Nes ont vu le jour sur le forum du GDR, une longue série souvent
malmenée par la modération pathologique de ce site.
Nes est Notre Envoyé Spécial à Cuba. Son audace et son style font de lui, le maître de l’investigation journalistique. En ces terres où la liberté de paroles conduit directos dans une geôle, notre ami utilise de nombreux déguisements pour approcher ses cibles.
Nous sommes à l’époque où les bookmakers se disputaient les pronostics. Vivra ou vivra pas.
J’ai chargé Nes d’une mission, approcher au plus prés le ventre de la bête.
C’est donc déguisé en couche culotte qu’il a rejoint son poste.
Fidel : - Dis moi Toubib, j’ai le crabe ou pas ? La presse m’a donné tous les maux, de l’appendicite à la grippe aviaire, du furoncle intestinal à la courante neuronale, je vote le cancer des boyaux.
Le Toubib : - Votre crabe n’est pas un tourteau mais une étrille.
Fidel : - Tu me rassures mais tes homologues des Amériques se disputent le diagnostic.
Le Toubib : - Moi seul, ai une vue sur vos tuyaux.
Fidel : - C’est ce qui m’inquiète, à Cuba il ne reste que les charlatans, les soignants sont partis
chez le pompiste du Vénézul.
Le Toubib : - Allez-vous faire soigner chez les grecs et qu’ils vous em…brassent.
Fidel : - Pardon ?
Le Toubib : - Non votre Excellence, les voyages vous sont interdits mais comme vous le savez, c’est une tradition cubaine.
Fidel : - Que dit le peuple de mon absence ?
Le Toubib : - Il souffre dans la dignité de votre épreuve…
Fidel : - Non sans rires, oublie le discours convenu et lâche toi du cul.
Le Toubib : - Je ne sais si j’ose votre Réjouissance, votre cœur est fragile et…
Fidel : - Bon ça va, il s’en cogne. Qui est aux cuisines en ce moment ?
Le Toubib : - Le bon Raul est aux affaires et s’en sort plutôt bien pour un croulant.
Fidel : - Je te parle des cuisines du palais, j’ai une petite faim.
Le Toubib : - Votre Goinfrance, je vous ouvre les vannes de la perf…
Fidel : - Tatie Danièle m’a soufflé que Tonton, avant les derniers sacrements, se bâfrait d’Ortolans. Appelle Ignacio, qu’il aille m’en cueillir dans son jardin.
Le Toubib : - Mais votre Souffrance…
Fidel : - Point d’insolence, prends donc ta fronde et va débusquer le divin volatile.
Le Toubib : - Je conseille à Monseigneur une Romanée Conti
Fidel : - C’est ça, avec une paille et des glaçons. Préviens le camarade St Pierre de mon arrivée imminente. Je veux du monde aux balcons et une soirée dansante.
Le Toubib : - Pas d’inquiétude votre Queen-of-the-dance-floor, Pedro est un bon père, lui aussi a ses CDR (Comité de Destruction de la Raison). Votre Bravitude ne sera pas dépaysée.
Fidel : - Bon, faut que je retire ce maillot du Psg et que je revête ma tenue de gala.
Tu crois que le Che sera là ? Avec Camilo et tous les autres, ça risque de swinguer.
Si Hubert déboule sous peu avec le Matos, ça va saigner.
Le Toubib : - Nous vous avons retenu une place de choix et point de rancune aux paradis
des escamoteurs d’urnes. Il me tarderait de vous rejoindre, si j’avais les burnes.
Fidel : - Si tu veux me précéder, je peux t’en donner les moyens.
Tu me fatigues hypocrite mais voilà que l’on s’agite, j’ai de la visite.
Hugo Chavez entre en scène et s’exclame : - Alors Fifi, on résiste ?
Fidel : - Nom d’un Mojito diabolique, tu renifles le gasoil à 100 lieues. Capitaine, tu poses
tes Barils avant d’entrer.
Hugo C. : - Je ne suis pas Capitaine, ça me gêne, ça me gêne…
Fidel : - Toubib, fais lui un shoot de Morphine
Hugo Chavez : - Ohhhh Sister Morphine…
Fidel : - Tu pètes une durite, t’as le pipe line qui dégouline
Hugo C. : - Et le foie qu’est pas droit, le cerveau qu’est trop chaud et…
Fidel : - Faites entrer les troubadours, Hugo a raison,
faut finir en chansons. A Cuba, mon amour !
A+
Eric D
lundi 12 novembre 2007
Réponse à Mr JPC Allard
J'ai invité JPC Allard à nous exprimer sa vision de Cuba.L'utopie aurait été de penser que pouvait naître un dialogue possible, la pertinence d'action de Mr Allard s'est limitée à un copier/coller d'un discours écrit il y a déjà plusieurs années .
Cette manifestation illustre une fois de plus les limites de ce régime dictatorial qui depuis 45 ans n'a de cesse de rabâcher le même discours.
A+
Joëlle G.
samedi 10 novembre 2007
Cubaforhum.fr
A partir d'aujourd'hui, notre cher blog est accesible directement en tappant
http://www.cubaforhum.fr/
N'hésitez-pas à intervenir et créer de nouveaux sujets. Nous ouvrirons prochainement un forum, où vous serez tous les bienvenus.
Si vous avez des suggestions quant à ce forum, faites-nous en part.
Merci à vous.
Chrys
vendredi 9 novembre 2007
jeudi 8 novembre 2007
Moi, si j'étais vous....
Monsieur le Président,
Je n'ai pas d'idoles, mais si j'en avais une, ce serait vous ! Évidemment, je suis un peu biaisé, puisque vous m'avez serré trois fois la pince au début des années soixante, quand je vous faisais livrer à partir du Canada du catgut, des aiguilles chirurgicales et autres armes dangereuses de guérison massive dont les Américains voulaient vous priver. Je vous dois aussi d'avoir serré la main de Gagarine, ce qui n'est pas rien non plus.
Bon, je suis biaisé, mais j'ai vu de mes yeux Cuba sortir de la régence du gangster Lansky pour retrouver sa dignité. J'ai vu se faire la réforme agraire et la campagne d'alphabétisation. J'ai jasé avec des gens qui étaient à la Baie des Cochons. J'ai écouté de mes propres oreilles des pêcheurs de Isla de Pinos me dire, les larmes aux yeux, qu'ils pouvaient enfin mettre le cap droit au large plutôt que de contourner la zone réservée aux yachts des millionnaires yanquis. Un détail, mais c'est ça la liberté.
Je suis biaisé, mais les chiffres, eux, ne le sont pas. Les logements qu'on a bâtis à Cuba sont bien là. Ce n'est pas un mythe si maintenant, à Cuba, non seulement on sait lire mais on va au collège plus que partout ailleurs en Amérique latine. Et quand les gusanos de Miami dénoncent le fait que les médecins cubains soignent des Américains à Cuba °© plutôt, disent-ils que de soigner des Cubains - ne comprennent-ils donc pas qu'ils proclament du même coup, d'abord la qualité des soins à Cuba et, ensuite, que malgré la propagande les Américains y accordent assez confiance pour aller s'y faire traiter ?
Et vous avez réalisé tout ça en supportant un embargo, une invasion, du sabotage et des épizooties made in U.S.A. Je pense que l'Histoire va vous tirer bien bas son chapeau. J'ai hâte qu'elle le fasse et moi, Monsieur le Président, si j'étais vous, je ferais en sorte qu'elle le fasse tout de suite. Vous n'avez qu'à lui donner rendez-vous.
Regardons la situation. Bush Jr. - qui a déjà fait ses preuves, si on peut dire - va avoir, en fin d'été sur les bras, plus de 100 000 soldats revenant d'Iraq et à mettre au travail dans une économie qui clopine déjà. Pas facile. Et si les « boys » promus héros se plaignent, ce sera bien mauvais pour sa réélection en novembre.
Mais il y a une autre solution. Ces 100 000 soldats qui ont reçu le baptême du feu peuvent être utilisés d'une façon « positive », pour défendre le monde libre et la démocratie En Iran, en Syrie, en Corée ou chez vous. Plutôt chez vous. C'est plus petit, et c'est tellement plus près ! Et ça lui permettrait de gagner vraiment, cette fois-ci, cette élection en Floride qui lui a donné la présidence mais dont tant de gens disent qu'il l'a volée.Si j'étais vous, je craindrais cette mauvaise coïncidence. Et pour les prétextes, on sait maintenant, depuis cette affaire d'Irak, qu'ils peuvent inventer n'importe quoi. Mais voyons un autre scénario
Qu'arriverait-il si, ayant atteint l'âge de la retraite - nous vieillissons bien tous les deux, vous et moi, n'est-ce pas ? - vous décidiez demain, alors que rien en apparence ne vous menace et que vous avez largement prouvé depuis près de cinquante ans votre capacité de survie, d'organiser à Cuba des élections parfaitement honnêtes sous la surveillance des Nations Unies... disons le 4 novembre prochain ? J'aime assez cette coïncidence qui rendrait impossible, non seulement une intervention armée, mais même une immixtion américaine sérieuse dans la politique cubaine.
Pourquoi la CIA ne viendrait-elle pas acheter les électeurs et falsifier les résultats d' une élection tenue à Cuba le 4 novembre, comme elle le fait partout ailleurs? Parce que, pendant la campagne électorale américaine, tous ceux qui sont contre Junior sont vos alliés circonstanciels. Ce sont les Démocrates américains qui vont surveiller la CIA pour piéger Bush. Et si quelqu'un triche malgré tout, vous êtes toujours là. Vous êtes là jusqu'à la passation des pouvoirs au nouveau président et je n'ai pas de raisons de penser, d'ailleurs, que le nouveau président sera votre ennemi. Je pense même que sera élu sans peine le candidat de la continuité, celui qui dira « Cuba si, Yanquis no ! ».
Ils diront quoi le 5 novembre, à Washington, après une élection surveillée disons par des Canadiens, des Indiens et des Suisses et par laquelle les Cubains auront choisi la continuité plutôt que la rupture? Ils bredouillent quoi, quand on leur demande pourquoi ils étaient si certains depuis des décennies que la réponse serait non... alors que la réponse, maintenant, est oui ? Ils répondront quoi, quand Cuba demandera la levée de l'embargo ?
Et pendant ce temps, qui se promène à travers le monde avec la triple auréole d'avoir sorti son pays du sous-développement, de l'avoir tiré des griffes amerloques - (ils ne sont pas très populaires par les temps qui courent) - et d'y avoir rétabli, enfin, une démocratie libre de toute influence étrangère, ce qu'on ne peut pas dire de beaucoup de démocraties? La légende revient en rappel. Ovation dans la salle.
Quelle capitale refusera de vous recevoir ? Quelle tribune ne vous sera pas ouverte ? Y a-t-il une seule ville au monde, incluant Washington, où vous ne serez pas accueilli avec enthousiasme? Depuis Cincinnatus, il n'y a pas beaucoup d'hommes qui aient volontairement renoncé au pouvoir, mais ils manquaient d'imagination ... Je me régale à la pensée de ce que vous pourriez dire si vous n'aviez plus qu'à parler. Vous avez fait à Cuba tout ce que vous pouviez y faire, pourquoi ne pas présenter partout le modèle « fidelista » ? Exporter une révolution a laquelle, apres ces élections, personne ne peut plus rien reprocher ?
Et je me demande quelle excuse trouveraient les U.S.A pour y opposer leur veto, si une large majorité des membres des Nations Unies.vous choisissait comme prochain Secrétaire Général...
Pierre JC Allard
Liberté et dignité
Le coup de pied de l'âne
J'ai un préjugé favorable envers Fidel Castro. J'ai connu, pour y avoir vécu, pas mal de dictatures à travers le monde et j'ai même serré la patte à quelques dictateurs. J'ai déjà provoqué de mini-crises d'hystérie chez certains de mes amis de la gauche en disant qu'on n'était pas si mal dans l'Espagne de Franco et l'on me jette aujourd'hui des regard noirs quand je souligne que Tito était la SEULE bonne solution pour ce bizarre espace géographique qu'on appelle la Yougoslavie.
Ceci dit, je suis CONTRE les dictatures mais, de toutes les "dictatures" que j'ai connues, il n'y en pas qui me soient apparues plus nécessaires que celle à Cuba, ni de dictateur qui m'ait fait meilleure impression que Fidel. Pendant que les Trujillo, Somoza et autres guignols prenaient le pouvoir pour faire du fric et rien d'autre, Castro a donné aux Cubain une dignité et une raison de vivre... et nul ne l'a jamais accusé de cupidité. Fidel Castro mérite le respect. La révolution cubaine mérite le respect.
Le Devoir, la semaine dernière, a manqué de respect envers Castro et Cuba. (http://www.ledevoir.com/mon/1999b/cuba090799.html) Parce que Castro est vieux et que Cuba est petit. Ce faisant, ce journal a prouvé une fois de plus qu'il est parfois bien petit... et qu'il est peut-être trop vieux. Je vous livre ci-dessous la lettre que j'ai envoyée au Devoir. Je ne crois pas qu'elle sera publiée...
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¡ Cuba sí, Yanqui no !
Je suis profondément choqué de lire en éditorial du Devoir du vendredi 9 juillet qu'il y a une "lutte de la communauté internationale contre la dictature cubaine". A ma connaissance, la communauté internationale est quasi-unanime, depuis des décennies, à réprouver l'embargo et les autres mesures inacceptables qu'ont prises et que prennent encore les USA pour tenter de détruire le régime castriste.
Et quand je parle de mesures inacceptables, je ne colporte pas des ragots. J'ai été conseiller juridique du gouvernement castriste en 1960-61 et, pendant ces deux années, j'ai passé une partie significative de mon temps à Cuba. J'ai vu de mes propres yeux des récoltes dévastées par des parasites qui n'existaient pas à Cuba auparavant et qui sont apparus soudainement dans le sillage de la mauvaise humeur américaine. Des épizooties, aussi, qui sont restées inexpliquées. Même si officiellement l'embargo ne devait pas s'appliquer aux produits pharmaceutiques, j'ai dû aussi faire pas mal de tapage à l'époque, ici même au Canada, pour que des firmes "canadiennes" acceptent de vendre des produits pharmaceutiques de première nécessité à Cuba malgré les pressions dont elles étaient l'objet de la part de leurs "associées" américaines.
La vérité c'est que les USA à Cuba, comme plus tard au Vietnam et ailleurs, ne respectaient aucunes conventions ni exceptions humanitaires et ne s'embarrassaient pas des moyens pour ramener Cuba au rôle qu'on lui avait assigné dans le plan américain: une île au soleil donnée en fermage à la pègre pour qu'elle puisse y offrir aux Américains en goguette 10 plages, 40 casinos et 60 000 prostituées.
Je me souviens de Cuba en 1955, 1957... puis en 1960-61. C'est de ça que devrait avoir l'air la libération d'un peuple. Une dignité retrouvée. Je neparle pas de la propagande gouvernementale, je parle du comportement de centaines d'individus ordinaires que j'ai rencontrés au hasard d'une rue à La Havane, Cienfuegos, Santa Clara, Santiago, et à cette Isla de Pinos dont l'intox américaine, dans les journaux de Miami, prétendait pourtant qu'on avait fait une colonie pénitentiaire!
Je ne suis pas retourné à Cuba depuis 1962. Quand Cuba est vraiment entré dans le giron soviétique - après 3 ans de vains efforts pour rétablir des relations correctes avec les USA - mon mandat s'est terminé et j'ai préféré ne pas aller constater l'inévitable détérioration d'un petit pays devenu le souffre-douleur de la brute son voisin. Je ne sais pas précisément comment la situation a évolué à Cuba, mais je sais bien que ça ne peut avoir été que pour le pire. Je sais aussi que, malgré les sabotages, les vexations, l'infiltration incessante d'agents provocateurs, Cuba demeure une oasis en Amérique latine où l'éducation, la santé et le logement social sont encore des priorités.
Je suis persuadé que les tares qu'on reproche au régime cubain n'existeraient pas si les USA n'avaient pas jugé intolérable qu'on fasse la preuve qu'il existait une alternative à la relation dominant-dominé qui est leur seul modèle pour une relation entre le Nord et le Sud. Il n'y a jamais de Nuremberg pour les vainqueurs; mais quelle que soit aujourd'hui la situation à Cuba, je n'ai aucune hésitation à en pointer du doigt les véritables responsables.
Je trouve donc grotesque qu'on parle de "complaisance" du gouvernement canadien envers Cuba - dont nous sommes le premier partenaire commercial! - révoltant qu'on se réjouisse de la suspension d'une aide à Cuba quant nous soutenons sur tous les continents des douzaines de dictatures qui ont plus de torts que Cuba sans en avoir aucune des vertus, odieux qu'on suggère que le Canada "envisage des riposte économiques nuisant de façon chirurgicale (sic) aux cercles du pouvoir cubain" . Chirurgicales? Comme les frappes américaines sur l'Iraq, sans doute?
Je trouve inconvenant que Le Devoir vienne se mettre en ligne pour donner un coup de pied au vieux lion Fidel. N'aurait-on pas l'impression d'un devoir plus courageusement rempli si vous dénonciez ceux qui, de mémoire d'homme, nous ont offert le spectacle de leur turpitude, de leur mauvaise foi et de leur brutalité non seulement à Cuba, mais aussi au Guatemala, au El Salvador, au Nicaragua, à Granada, à Panama et au Chili, sans parler de la République dominicaine, de l'Angola, de la Somalie et, bien sûr, de l'horreur du Vietnam et de la "chirurgie" en Iraq?
Pierre JC Allard
mardi 6 novembre 2007
hommage à une icône...
Quelqu'un pourrait-il me confirmer que celle-ci repose bien à la Nécropole de La Havane !?
dimanche 4 novembre 2007
Nouvelles de Cuba
Nouvelles de Cuba:
La tempête tropicale Noël s'éloigne des côtes cubaines ayant surtout affecté les provinces de Santiago, Guantànamo, Holguin, Granma, las Tunas, Camagüey. Les pluies continuent à tomber! On compte des destructions importantes aux habitations, aux cultures et aux voies de communication qui s'ajoutent à celles provoquées par les pluies de septembre et d'octobre.
On fait toujours croire aux cubains que leurs cinq prisonniers aux Etats Unis depuis 1998 occupent le reste du Monde alors qu'on en a à peine parlé à l'étranger! Les élections "modèles" déroulent leurs épisodes; on en est au quatre ou cinquième; épisodes inutiles puisque tout le monde connaît déjà les résultats! Si la réforme de la Constitution est acceptée au Vénézuéla le 2 décembre, les vénézuéliens auront la chance de connaître le même type de démocratie! A comparer avec celles des Etats Unis où Mme Clinton engrange les dollars et se lie aux lobbies les plus puissants, et à la France où Mr Sarkozy et sa beurette félone et enragée sont en train de faire un sort à l'indépendance de la justice ...
Se termine aujourd'hui à la Havane le second forum des pays non-alignés regroupant 300 entreprises de 42 pays. Cuba annonce qu'il pourrait recevoir l'an prochain un représentant des associations mondiales de défense des Droits de l'Homme. Le représentant spécial des Nations Unies, Jean Ziegler a démontré sa totale incompétence en faisant l'éloge, à la Havane, du respect du droit à l'alimentation (!) des populations à Cuba!
Raùl Castro et son entourage seraient en train de préparer la sortie d'un nouveau journal national qui permettrait le débat annoncé par le gouvernement intérimaire et ne serait pas un organe officiel du Parti communiste! On peut se demander si les cubains croient encore au Père Noël car celui-ci pourrait leur apporter le nouveau journal en descendant par la cheminée (il n'y en pratiquement pas à Cuba)!
Ah, j'allais oublier! Fidel Castro est encore de ce monde et gâtifie tranquillement dans son coin avec l'accompagnement filial de Monsieur Ramonet !
L'agence de voyage underground
Bon, je vais vous raconter une histoire touristique. A Cuba en 2007 les choses évoluent, j'y ai vu des développements qui auraient été impossibles il y a seulement 2 ans.
"La nuit n'en finissait plus de tomber sur La Havane, depuis une heure déjà nous étions au point de rendez-vous, esquina 23 y paseo, seule la présence d'un autre couple nous rassurait. Eux aussi avaient payé 70 chavitos pour 2, la totalité du prix à payer pour cette virée touristique à Santiago de Cuba. Aucune affiche, pas de site internet, mais des fax qui circulent sur les lieux de travail. Une liste d'excursions, un numéro de téléphone... tu appelles et on te dit où il faut venir pour payer. Une villa comme toutes les autres dans un quartier tranquille. Tu repars sans billet avec l'heure et le lieu du rendez-vous.... et la guagua se fait attendre.
Ils nous avaient dit avec fierté que leur bus était un Volvo, ce que je ne savais pas, c'est que Volvo fait des bus depuis très longtemps.
Au bout de 75 minutes d'attente, cette merveille technologique suédoise, produite au début des années 60 fait son apparition. A bord, 100 % de cubains, sauf deux bulgares, je l'apprendrai plus tard, mais habitués au vrai socialisme, ils se fondent sans problème dans la population. Ces deux là vivent ici depuis pas mal d'années et ne parlent qu'espagnol avec leurs femmes.
La guide, très smypa, débit verbal au dessus de la moyenne et ici la barre est haute, nous installe dans nos places réservées, les deux dernières, et en avant pour l'inconnu !
Un des aspects intéressants de cette petite expédition c'était de vivre quelques jours en compagnie de cette catégorie de cubains "riches". Pas des vrais riches, sinon ils auraient pris l'avion ou leur voiture, mais assez aisés pour dépenser 6 mois de salaire officiel en quelques jours.
A Cuba il suffit d'aller la plage pour comprendre que les loisirs sont toujours accompagnés de boisson et de quelques nourritures. Dans le bus, qui affichait complet, circule tout ce que l'on peut trouver dans les deux catégories, la terrible Guayabita, la Cristal, les sandwiches, les chips, des chicharrones, des bananes, d'étonnants cocktails maisons aux couleurs surnaturelles. Avec la sono en plus, les téléphones portables, les caméscopes... une agitation constante qui s'éteint peu à peu à mesure que la Havane s'éloigne.
Nos touristes cubains sont presque tous suréquipés en gadgets technologiques, lecteurs mp3, appareils photos numériques... et ils sont tous résidents sur place. Alors argent de Miami, revenus annexes dûs à un poste de caissière de supermarché ou de douanier ...?
Dans le bus il n'y a que le moteur qui tienne la distance, les sièges ont un peu vécu et ça laisse le temps d'imaginer la vie des ces voisins d'insomnie, dont beaucoup finissent par sombrer dans le sommeil ou son imitation...
900 kilomètres plus tard, le soleil se lève sur El Cobre, pas de temps à perdre avant de s'installer dans le village de vacances au bord de la mer, l'un des buts principaux de ce marathon touristique est déjà atteint. Il fait du bien ce petit café dans la lumière du matin, tous nos camarades d'excursion vont accomplir quelques dévotions, un bouquet de fleurs, 15 secondes de
recueillement deux trois photos et l'affaire est pliée.
Ma femme et moi les quittons au centre ville, une petite casa particular avec chambre sur les toits fait notre bonheur. La description du lieu du séjour inclus dans l'excursion avait l'air pas mal, mais les recommandations étaient un peu dissuasives. D'accord c'était sur une plage, mais il n'y a ni magasin ni restaurant dans ce village de vacances pour compañeros méritants. D'ailleurs nos voisins de bus avaient tout prévu : les réchauds portables, les provisions... Pour avoir du café le matin il sufisait juste d'avoir pensé à amener, le café, la cafetière et l'eau !
Je vous passe les diverses visites, le tombeau de Marti, la forteresse avec une vue sublime, etc... pour en venir au clou de ce voyage : la soirée au Tropicana.
Cette sortie aussi été incluse dans les 35 cuc, sauf pour moi qui ne pouvait présenter de carné de identitad à l'entrée. J'ai donc sorti mes 20 ou 25 chavitos pour entrer, ce qui est dérisoire à côté des 70 ou 80 qu'il faut payer pour assister au même spectacle à la Havane.
Ce soir l'apartheid touristique est inversé, avec mon billet au prix fort je n'ai droit qu'à un cocktail tout pourri alors que mes compagnons de voyage ont une bouteille de rhum et 6 refrescos pour deux, toujours le forfait du magical mystery tour...
C'est pas grave, on partage. Le lieu est magnifique, une salle de spectacle en plein air avec de véritables ceibas géants, des cascades qui apparaissent et disparaissent, des dizaines de danseurs, musiciens, chanteurs... des costumes dignes des chars du carnaval de Rio.
Il faut voir ça au moins une fois, notre Jérôme Savary national a encore du boulot pour en arriver là, kitsch, démesure, talent, tout celà bien remué et servi avec une salsa bien piquante.
Si vous n'avez jamais pensé à y aller, faites le déplacement, même un intégriste qui aurait pu s'évader de Guantanamo y passerait la soirée de sa vie : des femmes légèrement dévoilées, de l'alcool, des morceaux de porc dans l'assiette. Comment peut-on se passer de tout ça ?
Retour à la casa, un taxi clandestin, de toute façon il n'y en a pas d'autre. Reggaeton et vieille Moskwitch, la police nous arrête à deux cuadras de la maison, le chauffeur se prend une prune grand format. Ici la révolution est bien plus rude qu'à la Havane. D'ailleurs tous les petits signes du quotidien, auxquels nous sommes habitués après 6 semaines dans la capitale, nous rappellent qu'ici nous sommes beaucoup plus loin de Miami. La quantité de voitures dans les rues, les magasins encore plus vides, les maisons encore plus écroulées... A discuter avec notre logeuse nous sentons tout le poids du "chisme", ici tu ne peux pas faire rentrer 3 briques dans la maison sans que le CDR soit au courant et intervienne.
En route pour la Havane le car a subi un contrôle approfondi, c'est à dire 20 mn d'arrêt dans une de ces zones destinées au contrôle des véhicules, mais après 3 coups de téléphone, nous sommes repartis, toujours sans savoir quel était le statut exact de cette mystérieuse agence de voyage.
La prochaine fois, nous allons voir ce qu'ils proposent, il y a aussi des sorties d'un jour ou d'un week-end avec après-midi karaoké au bord d'une piscine à Pinar del Rio... Ce programme là peut-être pas, mais c'est un moyen bien plus intéressant de voir le pays que depuis sa 206 de location.
jeudi 1 novembre 2007
Heureux
Soyons vigilants et indépendants : ni dieu, ni maître, ni....guide !
Juanito
mercredi 31 octobre 2007
Cuba à la fête de l'Huma
Samedi 14 h au Village du Monde de la fête de l’Humanité.
Débat animé par José Fort (journaliste à L’Humanité) avec Ignacio Ramonet (du monde diplo), Lazaro Barredo (directeur du Granma), Jean Ortiz (universitaire) et l’ambassadeur de Cuba en France dont j’ai oublié le nom.
La fille du Che, Alcida Guevara devait être là mais son avion se débattait dans les embouteillages du ciel parisien.
Le thème : La pensée et l’action du Che sont elles toujours d’actualité ?
Comme dans tous les débats de la fête de l’Huma, les intervenants exposent leurs points de vue, leurs réflexions, puis la parole est donnée à la salle.
Pour résumer brièvement le discours des tenants de l’estrade, il n’y aura qu’un point de vue, un son de cloche unique, pas de divergences d’opinion, un bloc massif, pas de voix discordantes.
Cuba continuait sa révolution, la pensée du Che était plus que jamais d’actualité.
Un rappel de l’histoire glorieuse, des trémolos dans la voix d’Ignacio émerveillé de voir tout le merchandising à l’effigie du héros, un rappel de la lutte contre l’embargo américain seul responsable des difficultés du peuple cubain, la solidarité avec Chavez et les pays du continent latin, libéré du joug de l’impérialisme yankee, la santé, l’éducation…l'embargo...
Jean Ortiz s’enflamme et fait trembler les arceaux du chapiteau.
Le Che est déifié, la messe est dite.
Le public est conquis, les applaudissements nourris, la salle exulte. Je ronge mon frein sur ma chaise brinquebalante.Mes voisins sentent mon agacement et m’aident à prendre le micro après quelques questions existentielles dans la salle sur la mythe guévariste.Sachant que je n’ai que peu de temps pour exprimer ma désapprobation de ce que je viens d’entendre et du mensonge infligé à l’assistance et au peuple cubain, je décide d’aller direct à ce qui me semble le plus équivoque dans une fête où la liberté me semblait être l’enjeu principal de tous les débats.
Je fais donc part de mon étonnement de voir Mr Barredo bénéficier de tant d’applaudissement, alors qu’il est le directeur d’un journal unique et que je n’ai aucun doute de l’indignation de l’assistance, à juste titre, sur la concentration de la presse en France, sur l’hégémonie des grands groupes financiers, la pensée unique.
Ce qui est valable chez nous, ne le serait pas pour Cuba ?
Les sifflets, les bras d’honneur, les injures commencent à fuser.
Je poursuis quand même, aidé par José Fort qui demande aux brailleurs de me laisser poursuivre, que je dois pouvoir exprimer mon opinion, même si elle est différente.
Pour ne pas faillir à mon envie perpétuelle de l’ironie joyeuse, j’informe Ramonet que si le Che avait eu la gueule de Krazuki, il y aurait eu moins de tee shirt à son effigie.
Sentant ma mort prochaine sous la mitraille haineuse, j’affirme la réalité de la dictature épouvantable cubaine.
Je précise que je suis vraiment de gauche pour ne pas laisser de doute à mes adversaires, que l’on peut désirer le départ de Castro et sa bande sans se vautrer dans les bras des américains.
Qu’il y a une alternative à proposer aux cubains, mais qu’elle se fera sans les Etats-Unis et sans Fidel et Raul.
Je réponds à Lazaro Barredo qui avait promis 50 ans de plus de castrisme, qu’il fallait demander l’avis des cubains.
Cela n’a pas empêché quelques intellectuels mal comprenants et à la bave aux lèvres de me hurler de retourner à Miami.
Désolé, mais il y trop de rombières pour ma jeunesse éternelle…
José Fort me demande de terminer, je conclus donc en disant qu’il ne faut pas rester avec les idées figées du Che de 67, mais extraire le positif pour rendre la liberté aux cubains.
On me répond en mélangeant tout, rhétorique habituelle, couplets lancinants sur la révolution en marche (marathon sans fin). L’embargo réponse à tout.
Je veux répondre que les magasins sont pleins pour certains et rétablir la réalité de l’embargo qui est utilisé par le régime pour tenir un peuple soumis, mais on ne me refile plus le micro.
Ma compagne et mes 2 filles sont sidérées devant autant d’hostilité, qu’il n’y ait pas eu une autre voix pour relayer mes propos.
Nous sortons sous les regards méprisants d’une cohorte de fins penseurs.
J’avoue être un peu secoué car je n’imaginais pas l’emprise si forte de la secte castriste et de ses apôtres sur les visiteurs de la fête de l’Humanité.
Que de vieux staliniens arpentent toujours et encore les allées, je le savais bien mais que la magie du bon vieux discours militant poussiéreux, lénifiant, puisse mystifier encore autant de gens m’attriste profondément.
Mon voisin de chaise me dit qu’il connaît Cuba et que ce n’est pas ce que je dis.
Ah bon ! Ok Cuba n’est pas une dictature ? Si me dit il, mais…
Je crois comprendre qu’il a la dictaturophobie sélective.
Je m’échappe et grand réconfort, un jeune black me rattrape, me serre la main et me dit : Monsieur, je suis d’accord avec tout ce que vous avez dit, merci.
Je n’ai pas le temps de lui répondre, que le grand père qui m’avait enjoint à rejoindre Miami, m’apostrophe et me postillonne le deuxième couplet de son réquisitoire.
Un attroupement se fait alors avec 4 mômes qui l’invitent à se calmer.
J’arrive à en placer une qui le fait déguerpir, lui évitant de mettre en application son envie folle de me latter la gueule.
Je reste avec les gosses qui étaient dans la salle et voulaient en savoir un peu plus que les 2 minutes de contradiction de ce débat.
Je me suis apaisé en retrouvant un pote et en éclusant quelques gorgeons.
Le lendemain après midi alors que je me renseignais sur l’heure d’arrivée de Charb au stand cubain où sévit Cuba Linda, un groupe de mamies me reconnut.
C’est vous le type qui n’aimait pas les Cubains me dit la chef de bande.
Ouais, on vous a reconnu me prévient sa copine, c’est une honte ce que vous dites. Mais on vous a pris en photo.
Fidèle à ma stratégie d’évitement des délinquants relationnels, je leur propose de rester en paix avec leurs idées d’un autre temps, en espérant qu’elles auront gardé de moi mon meilleur profil. Je m’enfuis vers des contrées plus joyeuses.
A la fête de l’Huma, tous les stands consacrés à Cuba font l’apologie de la révolution castriste.Je suis dégouté en regardant les centaines de langoustes engloutis par un public ignorant. Je saisis des bribes de conversations où l’on parle de projet de voyage, d’embargo, de commentaires approuvant les slogans désolants et pour la plupart mensongers affichés dans la salle.
Les langoustes revigorent tout ce beau monde qui ne se s’inquiète pas que ce privilège culinaire soit interdit aux cubains.
Mouss et Akim m’ont fait retrouver ma bonne humeur à la nuit tombée.
Je ne savais pas encore, que le lendemain, j’aurais une nouvelle altercation avec des cocos d’un autre temps. Mais il se fait tard et j’ai un avion à prendre.
Suite au prochain numéro.
A+
Eric D
Blog à part...
Cuba Hoy se veut un blog des lumières cubaines.
La naissance de ce blog est la conséquence de la modération acharnée du Forum du Routard sur Cuba.
Nous sommes quelques intervenants du GDR, à ne pas cautionner le fait que nos messages doivent être lus avant parution.
Nous sommes quelques uns, à ne pas trouver notre compte sur un forum qui ne devrait tourner, pour ses dirigeants, qu’autour du thème touristique.
Nous sommes une poignée de mécontents à avoir décidé de ne plus y participer tant que la censure règnera en ses pages.
L’élément déclencheur a été le texte sur Cuba à la fête de l’Humanité. De nombreuses réponses ont suivi, entraînant des polémiques et des effets de manche et bien souvent des joutes passionnantes.
Des dérapages ont certes eu lieu mais pas de quoi déclencher les foudres du modérateur qui a décidé de détruire d’un clic, plus de cent messages.
L’insulte est là bien plus grande, que quelques mots injurieux qui ont pu être lâchés par quelques délinquants relationnels.
C’est pour ces raisons que nous avons décidé de mettre en texte inaugural de ce nouveau blog, l’objet du délit : Cuba à la fête de l’Humanité.
D’autres textes suivront, abordant nous l’espérons, toutes les facettes de la vie cubaine.Pas de restriction quant aux thèmes abordés, qu’ils soient politiques, philosophiques ou touristiques, les genres sont souvent liés.
Nous encourageons toutes les opinions à s’exprimer, faisant confiance aux intervenants pour qu’ils gardent cette bonne distance que nous appellerons la politesse.
Nous ne nous interdisons pas de revenir sur le GDR quand la censure aura cessé, mais ferons vivre Cuba Hoy pour affirmer notre différence.
Joëlle G la fée informatique, Marie Christine la fée sparadrap, José le jardinier et Eric D le secoué sont les initiateurs de Cuba Hoy.
Je me permets d’associer Revenant comme soutien moral du projet. Notre ami est difficile à joindre, mais ses derniers messages nous faisaient comprendre son approbation.
Je salue également l’arrivée de Georges qui vient de nous rejoindre, tout droit d’une région où le soleil se fait discret.
Nous avons longuement échangé pour faire de ce blog un endroit où il fera bon discuter, s’informer, se surprendre, s’interroger, se méprendre, s’engueuler, ironiser, s’amuser, s’offusquer, se comprendre, se décourager, se reprendre et aussi s’aimer.
Un jardin d’Epicure informatique en quelque sorte.
A+
Eric D


